27 janvier 2018 Montréal

Amène ton CIS!!!

Tes parents ne te comprennent pas dans ta transition? Vous êtes un parent et vous avez de la difficulté à suivre votre enfant dans son cheminement? Cette rencontre est pour vous!!!

Lors de cette première édition de « Amènes-ton CIS », nous vous invitons à amener vos parents cisgenres qui ne comprennent pas ce que vous vivez.

Au menu:

Les 1001 thermes et définitions qui sauront les faire mieux intéragir avec vous, répondre à toutes leur questions et inquiétudes face à vos transitions, discutions de problématiques et solutions.  Des ressources seront misent à votre disposition.

Vos animateur.trice.s.:

Julien, Sophie et Sylvie.

Dès 18heure 30.

2075 rue Plessis, Montréal, salle 120.

 

23 janvier 2018 Montréal

TRANS-SOCIÉTÉ:

Lors de ce mardi Trans* nous vous invitons à apporter vos jeux de sociétés préférés afin de venir vous amusez avec vos intervenant.e.s. au cours d’une soirée ouverte à tous et toustes, vos allié.e.s. et famille.

Breuvages et collations seront servies.

Dès 19 heures

2075 rue Plessis, Montréal, salle 130.

21 janvier 2018 Québéc

Ce dimanche 21 janvier 2018

Le thème sera choisit par le groupe.

Vos animateurs.trices.:

Émile et Roxanne

363 rue de la Couronne, deuxième étage. Dès 18 heure 30.

16 janvier 2018 Montréal.

Sous le thème:

L’hormonothérapie pendant la transition, effet attendus et effets secondaires et ce, avant, pendant et après chirurgie.

Vos animateurs.trices.:

Mélyssa et Alexey

2075 rue Plessis, Montréal, salle 120.  dès 19 heures.

Pleurons notre humanité et la condition féminine !

Après avoir écouté l’entrevue de Richard Martineau, Jonathan Trudeau et Denise Bombardier, la communauté LGBTQIA2+ est abasourdie par tant d’ignorance et de hargne au sujet de la diversité des orientations sexuelles et des identités de genres.

Tout d’abord, il semblerait qu’une femme ne pourrait pas avoir « des couilles » dans le sens d’avoir du « gots » ou même au sens propre, car une femme possède un utérus obligatoirement selon Denise Bombardier. Par cette affirmation, nous constatons que madame Bombardier a vraiment un point de vue binaire des identités de genre et de sexe en société. Nous sommes désolés de vous l’apprendre, mais selon les chromosomes et la génétique, une femme peut techniquement avoir des testicules et vice versa pour un homme. Bien oui parlons-en de la génétique, car après tout, c’est vraiment là où nous pouvons dire qui est vraiment génétiquement un homme, qui est vraiment génétiquement une femme et qui est juste une personne « qu’on doit prendre en compassion », pour reprendre vos termes.

Sachez que pour ce qui concerne les personnes transidentitaires, le Sondage canadien CROP réalisé à la demande la Fondation Jasmin Roy démontre que 13 % de la population serait des communautés LGBT, ce qui inclus la population trans. Pour les enfants intersexués, sachez que l’étude du Conseil de l’Europe confirme que les enfants qui ont été mal assignés par leur sexe à la naissance s’élèvent entre 8,5 % à 40 %. Selon la généticienne suisse Ariane Giacobino, ceci est dû au fait que le génome compte 20 millions de petites variations. Ces dernières viennent influencer le développement d’un humain et si nous dressions le caryotype génétique de chaque humain pour définir le seuil de perfection de la féminité et de la masculinité, peu de gens se trouveraient aux extrémités.

Il existe donc tout un éventail de possibilités entre les deux pôles de la binarité homme-femme. De plus, il ne faut pas oublier nos 247 personnes ayant le syndrome de KlinFelter à travers la planète dont quelques-uns au Québec. Qu’elles soit Interséxué.e.s ou ayant un Syndrome de KlineFelter, ces personnes possèdent des chromosomes XXY ou XO; alors que chez la femme, les chromosomes sont XX et que chez les hommes sont XY.  En ce qui concerne nos confrères, nos consœurs et nos confrœurs ayant une diversité d’orientation sexuelle différente de l’hétérosexualité, le Sondage CROP nous informe que sur 1 897 participant·e·s, sur un total de 2 697 participant·e·s, ne s’identifient pas comme des personnes hétérosexuel·le·s : 55 % se sont identifié·e·s comme étant homosexuel·le·s, 28 % comme étant bisexuel·le·s, 10 % comme étant pansexuel·le·s et 4 % comme étant asexuel·le·s. Ne trouvez-vous pas que ça commence à faire beaucoup de monde pour qui il faut avoir de « la compassion » ? Seriez-vous d’accord pour que nous institutionnalisons cette proportion importante de la population, car selon vos dires : « par le passé ces gens-là, on les plaçait dans des institutions pour leur propre bien »?

Nous nous questionnons à savoir qu’est-ce qui vous permet d’appuyer vos dires ? Êtes-vous spécialisée en médecine, en psychologie, en psychiatrie ou même en sexologie ? Avez-vous des preuves valides et scientifiques de ce que vous avancez ? Êtes-vous au fait que l’Organisation mondiale de la Santé (OSM) a retiré le 17 mai 1990 l’homosexualité de la liste des maladies, que le DSM-III l’a retiré en 1987 et que le DSM-5 fait référence maintenant à la dysphorie de genre et non plus au transexualisme ou au travestisme fétichiste pour les personnes transidentitaires ? Que ni l’orientation sexuelle et ni l’identité de genre ne font partis des paraphilies mentionnées au DSM-5 ?

Parlons maintenant de la condition féminine au Québec. Madame Bombardier, vous êtes née en 1941. Qu’en était-il de la condition des femmes à cette époque ? Êtes-vous sans vous souvenir qu’en 1940, elles obtiennent le droit de vote. Qu’en 1975, l’adoption de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit pour la première fois, toutes formes de discrimination fondée sur le sexe. Qu’en 1980, soit cinq ans plus tard, vous avez pu animer l’émission Noir sur Blanc, la première émission sur les affaires qui était animée par une femme au Québec. Vous étiez la première femme dans un milieu d’hommes à prendre part à un sujet à proprement dit masculin selon les stéréotypes sociétaires de l’époque. Vous vous êtes toujours battue contre le machisme et vous avez milité pour la place de la femme en société. Si la Charte n’avait pas reconnu cette équité entre les sexes en 1975 en interdisant toutes formes de discrimination quelle qu’elle soit, auriez-vous eu accès à l’animation de cette émission en 1980 ? Je ne crois pas!

Aujourd’hui en 2017, alors que madame Gabrielle Bouchard, une femme transidentitaire, a été élue à la Fédération des Femmes du Québec (FFQ), vous vous permettez de remettre en cause sa crédibilité en tant que femme et vous faites preuve de sexisme et de manque d’équité envers cette dernière qui pourtant, à même titre que vous en 1980, bénéficie de la protection conférée par la Charte. Vous vous permettez même de dire qu’il faudrait « cessez la représentation des gens en fonction des lois », ce qui est un manque de cohérence avec les principes de la Charte, l’égalité des chances, le droit de voter et d’être représentée en société.

Vous pouvez bien faire référence à la décence, mais reste néanmoins que selon le dictionnaire Larousse, elle est définie comme suit :

1. Respect des convenances, surtout en matière sexuelle, pudeur : ex :ne pas choquer
la décence; 2. Dignité dans l’expression, les manières : réserve, discrétion, tact : ex : Ayez la décence de vous taire.

Les propos que vous avez échangés avec messieurs Martineau et Trudeau dépassent la décence madame Bombardier, ils manquent de tact et de dignité envers les personnes des communautés  LGBTQIA2+ et la condition féminine des femmes transidentitaires. Ils sont empreints de transphobie, d’homophobie et de sexisme envers toutes et tous ces personnes. Ces motifs sont punissables par les lois provinciales et les lois fédérales car ils véhiculent la haine qui aide à justifier des actes discriminants, répressifs et violents envers nos populations déjà fortement stigmatisées au fil du temp. En êtes-vous consciente ou êtes-vous déconnectée de la réalité ? Vous avez raison madame Bombardier quand vous abordez le fait « [d’]un jugement social trop souvent terrible »… Vous en donnez la preuve.

Julien Leroux-Richardson, président
Aide aux Trans du Québec.

Références :

CROP. (2017). Sondage pancanadien sur la communauté LGBT. [En ligne]. http://fondationjasminroy.com/sondage-valeur-besoin-realite/
(Page consultée le 9 décembre 2017). pp. 30 et 31.

Dictionnaire Larousse. (2017). Décence. [En ligne]. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/d%C3%A9cence/22087
(Page consultée le 9 décembre 2017).

DiseaseMaps. Statistiques de Syndrome de Klinefelter. [En ligne]. https://www.diseasemaps.org/fr/klinefelter-syndrome/stats/
(Page consultée le 9 décembre 2017).

Schneider, E. (2013). Les droits des enfants intersexes et trans’ sont-ils respectés en Europe?
Une perspective
. [En ligne]. https://rm.coe.int/168047f2a8
(Page consultée le 9 décembre 2017). Conseil de l’Europe : [Brucelles, Belgique].

Wikipédia. Denise Bombardier. [En ligne]. https://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_Bombardier
(Page consultée le 9 décembre 2017).

Rencontre du mardi 14 novembre

Vous voulez partager sur les réalités en lien avec votre transidentité? Cette rencontre est pour vous! Nous sommes là pour répondre à vos questions.

Les rencontres se découpent comme suit:

  • Tour de table au cours duquel vous apprendrez à connaître votre groupe;
  • Discussion sur un sujet choisi par le groupe.

La prochaine rencontre se tiendra le 14 novembre de 19h à 21h au 2075, rue Plessis à Montréal.

Rencontre transidentité du 12 novembre

Vous voulez partager sur les réalités en lien avec votre transidentité? Cette rencontre est pour vous! Nous sommes là pour répondre à vos questions.

Les rencontres se découpent comme suit:

  • Tour de table au cours duquel vous apprendrez à connaître votre groupe;
  • Discussion sur un sujet choisi par le groupe;
  • 30 minutes de discussion libre.

La prochaine rencontre se tiendra le 7 novembre de 18h30 à 20h30 au 363, de la Couronne à Québec.

Vos animateurs,

Roxane et Émile

Pénis et vagin ne font pas les identités de genres ni les lois de la nature

Par Julien Leroux-Richardson

Président d’Aide aux Trans du Québec.

Tel que le reflètent nos lois, ainsi que la recherche scientifique, le sexe physique interne et/ou externe de naissance d’une personne ne définit pas son genre.

Né.e. avec un vagin, avec un pénis ou avec les deux sexes externes et/ou internes ou une combinaison des deux, un être humain peut être cisgenre, transidentitaire ou intersexe.

De plus, le spectre du genre ne se résume pas à deux pôles fixes. Des variations sont observables chez tous les membres de la société. Personne n’est à 100% masculin, ou à 100% féminin. C’est pourquoi, peu importe le physique à la naissance, nous choisissons la manière avec laquelle nous exprimerons notre genre. Toutes les identités de genre sont valides, que nous choisissions de nous identifier en tant que binaire ou non binaire.

Ce n’est pas le sexe physique interne et/ou externe qui définit le genre, mais bien le ressenti.

Un individu ne devrait pas s’autoriser à définir qui est un homme ou qui est une femme avec toute la diversité qui règne en société et qui est reconnue par l’État et ses lois. C’est à chaque individu de s’auto définir. Comme l’expliquait madame Florence Ashley cette semaine dans son texte d’opinion «  La science et les hommes enceints », la génétique humaine offre un éventail de possibilités autres que les XX et XY et ce sont les chromosomes qui définissent le sexe d’une personne génétiquement.

Par contre, le fait de définir une personne en tant qu’homme ou que femme est un fait social et non biologique.

Cette semaine, dans sa chronique, Richard Martineau, stipule qu’un homme transgenre n’est pas vraiment un homme puisque s’il est tombé enceint, c’est qu’en réalité, il est une femme parce qu’il a un utérus et un vagin et que cette personne ne peut rien y faire parce que… ce sont les lois de la nature.

Le dictionnaire Larousse définit une loi comme suit : « Prescription établie par l’autorité souveraine de l’État, applicable à tous et définissant les droits et les devoirs de chacun. »

Si vous cherchez l’expression « les lois de la nature » dans Google, je peux vous assurer que vous ne trouverez aucune page officielle du gouvernement provincial ou fédéral avec un numéro de chapitre élaborant cette « loi de la nature ».

Est-ce donc seulement valide d’invoquer cette « loi de la nature » dans le contexte de l’expression de genre? Puisque l’expression de genre est un concept sociétaire, il faudrait donc prétendre que la volonté humaine puisse objectivement établir ce qui régit la nature.

Étant donné que la conception d’un être humain est un acte naturel, pouvons-nous moralement, dans la définition d’un être humain, nous éloigner de la description que Thomas Hobbes fait des lois de la nature en tant que précepte politique et sociétaire?

  1. S’efforcer à la recherche et la poursuite de la paix.
  2. Ne pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas qu’on nous fasse.
  3. La justice.
  4. La gratitude.
  5. La complaisance.
  6. Le pardon.
  7. La vengeance.
  8. L’absence d’outrages.
  9. L’absence d’orgueil.
  10. L’équité.
  11. L’usage égal des biens communs.
  12. L’usage du tirage au sort.
  13. Le droit d’aînesse et d’ancienneté.
  14. La protection des médiateurs.
  15. La soumission des différends à l’arbitrage.
  16. L’impossibilité de juger pour nous-mêmes.

Ces préceptes sont censés être appliqués par l’humain afin de pourvoir à son existence et à sa survie.

La question que je me pose est la suivante : « mais où donc est-il mentionné qu’un homme n’est pas un homme s’il a un vagin à la naissance et qu’en est-il d’une femme qui ne serait pas une femme, si elle est née avec un pénis? »

Je poursuis en affirmant que lorsqu’une personne transidentitaire se fait reconnaître, en respectant les lois de l’État, dans l’identité de genre qui la définit, elle est donc reconnue par ses paires sociétaires et considérée légalement comme elle le désire, puisque c’est la loi prescrite par l’État, donc par la société dans laquelle elle vit.

Ça n’a absolument rien à voir avec la loi de la nature monsieur Martineau et même que vous devriez selon la loi de la nature et les lois de l’État, vous exprimer en termes d’équité, sans discrimination. Un homme transidentitaire devrait être respecté et considéré comme tel même s’il a la possibilité égale de donner naissance à un enfant au même titre que n’importe quelle femme cisgenre. Tout comme une femme transidentitaire devrait être respecté comme tel même si elle a la possibilité égale de mettre enceinte une autre femme, ou même un homme transidentitaire, au même titre que tout homme cisgenre.

Est-ce que cela fera moins d’elle une femme? Non.  Est-ce que l’homme qui est capable de donner naissance est moins un homme pour cela? Non.  Si dans l’avenir, la greffe d’utérus devient possible pour un homme cisgenre, sera-t-il moins homme pour autant? Devrions-nous dès lors lui manquer de respect et le définir comme une femme? Non.

C’est tout simplement une question de respect des règles qui régissent notre société.