FAQ

Tout dans la société occidentale est divisé selon les deux sexes biologiques majoritaires (mâle, femelle) auxquels la société a assigné deux sexes sociaux (homme, femme), puis deux genres (masculin, féminin). Cette organisation sexuée, qui prend comme source l’objectif de procréation, a produit une société hétéro-centrée et hétéro-normative au service des hommes (mâles). Toute personne qui ne correspond pas à ce classement sexué ou qui n’entre pas dans le rôle correspondant se voit marginalisée et exclue de la société.

L’exemple des personnes intersexes est assez éloquent. Avant les techniques modernes de chirurgie, on leur demandait de choisir un sexe et de s’y tenir sous peine d’être brûlé.e vif.

Les formules chromosomiques du sexe sont nombreuses. Pour illustrer mon propos, voyons celles que l’on trouve chez les humains à partir de leur gamètes:

3 x 6 = 18 formules possibles.
Si on inclue les mosaïques: 18 x 18 = 324 combinaisons possibles.
Même si ces cas de figures sont rares, voire très rares, on est très loin de ne retrouver que 2 sexes!

Ces mêmes variations sont observées sur les plans anatomiques, gonadiques, hormonaux et biologiques.

Plutôt que de les nommer toutes afin de créer des catégories, il serait préférable d’abandonner les catégories binaires suivantes: mâle/homme/masculin et femelle/femme/féminin.

 

D’un point de vue scientifique et selon l’état des connaissances actuel en la matière, rien ne permet de rattacher la transidentité à l’intersexualité, (terme qui paraît peu adapté, car il ne s’agit pas de sexualité mais d’un processus de développement chromosomique aboutissant à une modification de l’anatomie).

Dès la fécondation de l’ovule par le spermatozaïde, le sexe chromosomique est prédéterminé.  Il s’en suit une longue séquence de divisions cellulaires se terminant par la formation d’un foetus sexué, dont le sexe anatomique s’avère généralement être masculin ou féminin. Ce pendant, durant le développement embryonnaire, il arrive parfois que le sexe anatomique, sous l’action de divers facteurs comme les hormones, les médicaments pris par le parent durant la grossesse, la pollution, des gène(s) ayant un fonctionnement atypiques ou autre, se développe différemment. L’enfant peut alors naître avec des organes génitaux ambigus, des gonades assignées aux deux sexes »traditionnels » (mâle et femelle) ou avec toute autre différence liée à son développement anatomique ou endocrinien (hormones).

L’intersexualité n’est liée qu’à la transidentité dans la mesure ou un grand nombre d’enfants né.e.s intersexes ont subi (sans leur consentement) une chirurgie de réassignation sexuelle à la naissance, les poussant à entreprendre une transition plus tard dans leur vie. En effet, de nombreux médecins partout dans le monde décidaient, selon l’apparence des organes génitaux, du sexe et du genre de l’enfant et les opéraient presque tout de suite après leur naissance. Cette pratique est désormais illégale au Canada, car de nombreuses personnes intersexes ont dû transitionner vers leur genre désiré et réparer l’erreur de ces médecins, en plus de vivre avec les répercussions psychologiques et physiques de cette opération de naissance.

 

Depuis plus de 100 ans, la psychiatrie se penche sur cette question, sans pouvoir prouver que la transidentité est une maladie mentale. La psychanalyse, qui ne s’appuie pas à 100% sur la science, n’y est pas non plus parvenue.

Les personnes trans* ayant eu accès aux chirurgies de réassignation sexuelles ainsi qu’à l’hormonothérapie dans les 50 dernières années rapportent au contraire que leur dysphorie de genre a grandement diminué au fil de leur transition. (Bien sûr, de nombreuses personnes trans* choisissent de ne pas faire de transition médicale, mais une chose reste certaine: tous.tes ont vu leur qualité de vie augmenter significativement suite à leur »Coming-Out »).Par ailleurs, un bon nombre d’entre eux.elles, que ce soit avant, pendant ou après leur transition, ont pu faire des études de haut niveau et tenir des emplois comportant de nombreuses responsabilités ou nécessitant de solides connaissances dans le domaine concerné, ce qui est incompatible avec une maladie mentale.

La transidentité est souvent associée avec la maladie mentale en raison de la dysphorie de genre que certaines personnes trans* peuvent vivre. Cette dysphorie entraîne le développement de symptômes similaires à ceux de certains troubles mentaux, comme une dépression, des idées suicidaires, des sautes d’humeur, etc.

Bien entendu, il peut arriver que des personnes trans* présentent des signes de maladie mentale ou en soient atteintes, mais cela n’est alors pas du à leur transidentité. Il s’agit d’une pathologie qui cohabite avec la transidentité, tout comme on peut être schizophrène et avoir la grippe, ou bipolaire et avoir une jambe en moins, ou encore être dépressif et avoir un problème cardiaque…

La transidentité relève plus d’une forme de handicap, en quelque sorte, compte tenu de l’organisation binaire de la société. En effet, la discrimination dont les personnes trans* sont victimes au quotidien contribue à l’augmentation de leur stress minoritaire (stress lié au fait de faire partie d’un groupe marginalisé ou opprimé) et ainsi, à l’augmentation de leur dysphorie de genre et à la multiplication de leurs symptômes d’anxiété. Dans un autre type d’organisation de la société, par exemple, le modèle ternaire ou multiple, il n’y aurait sans doute pas le même problème avec la transidentité. Les personnes intersexes y trouveraient aussi probablement un meilleure confort de vie. Idem pour les autres personnes de la communauté LGBTQIAP2S+.

La transidentité est, comme son nom le dit, une question d’identité et non une question de sexualité. Les personnes trans peuvent avoir toutes les attirances amoureuses et sexuelles possibles (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité, pansexualité, etc.), tout comme les personnes cisgenres.

La transidentité n’est donc pas une minorité sexuelle. En fait, il s’agit plutôt d’une minorité identitaire ou minorité de genre.